WSBK 2014 : Les clés d’une nouvelle saison Superbike

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Publié le 16/02/2014 avec Un commentaire

Nous voici, un an plus tard, à l’aube d’une nouvelle saison du Championnat du Monde WSBK, un Championnat cher à OffBikes et que nous vous avons fait vivre dans les meilleures conditions l’année dernière. Evidemment, nous re-signons pour 2014, et afin d’être sûr que vous allez nous suivre, voici une petite analyse des forces en présence cette année.

Qui seront les favoris ? Qui faudra-t-il surveiller et pourquoi ? Quels rebondissements pouvons-nous espérer ? Décryptage d’une saison qui promet d’être haute en couleur, avec notamment l’émergence de la nouvelle catégorie EVO.

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Loris Baz lors des essais de Jerez la semaine dernière. (Photo : ©Kawasaki Racing Team)

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Des favoris indétrônables.

Lorsqu’on observe attentivement le plateau via le prisme de la meilleure mécanique, il apparaît bien vite que les favoris de la saison 2014 seront, à coup sûr, les mêmes que ceux qui ont occupés les podiums en 2013.

À commencer par le Champion du Monde en titre, l’Anglais Tom Sykes. Selon son coéquipier au sein du Kawasaki Racing Team, le Français Loris Baz, la ZX-10R est encore plus aboutie que la saison passée, et nul doute que le Britannique, fort de son titre, aura pour objectif de le conserver. Entouré de la même équipe, la clé de sa réussite sera la constance, la même qu’il a su montrer en 2013.

Cependant, les rivaux menaçants semblent légèrement plus nombreux à l’aube de cette nouvelle saison. Dans son propre team, d’abord, en la personne de Loris Baz : avec une année supplémentaire d’expérience dans la catégorie, ponctuée de nombreuses pôles positions et victoires, et un entraînement intensif mené de main de maître par le coach Dominique Simoncini, le Haut-Savoyard est plus que prêt à détrôner son coéquipier en visant le podium à chaque rendez-vous. C’est d’ailleurs sans complexes qu’il avoue jouer le titre cette saison, et talonne déjà Sykes lors des premiers essais de Jerez il y a quelques semaines.
Il faudra également compter avec un certain Italien… Marco Melandri a rejoint les rangs d’Aprilia, cette même RSV4 qui avait donné du fil à retordre au Champion via le Français Sylvain Guintoli la saison dernière. Cette fois, ce ne sont pas une, mais bien deux machines Italiennes qui auront à coeur de lui rendre les choses difficiles. Si Marco Melandri aura tout à prouver sur sa nouvelle monture, Sylvain Guintoli devra lui montrer une plus grande agressivité que l’année passée, qu’il avait consacré au calcul pour un Championnat raté de peu.
Le Français semble bien parti, puisqu’il le dit lui-même : il courra à Philip Island pour gagner, et prendra les risques nécessaires.

Des outsiders survoltés.

On ne peut garantir leurs résultats, mais leurs coups d’éclats sont à surveiller, ce sont les outsiders 2014.

Parmi eux, à nouveau deux coéquipiers, mais cette fois sur des Suzuki : Eugene Laverty et Alex Lowes. Les deux hommes aux jumeaux – oui, ils ont chacun un frère jumeau, c’est anecdotique mais c’est drôle – auront entre les mains une Japonaise capricieuse qui n’a pas toujours porté chance à Jules Cluzel l’année dernière. Cependant, grâce à son expérience et son pilotage hors normes, Eugene Laverty devrait être une fois de plus en mesure de jouer les troubles-fête. Pour Alex Lowes, difficile de l’imaginer sur les podiums dès le début de saison, et pourtant : fort de sa connaissance des circuits Européens – il roulait en catégorie Superstock1000 en 2010 et a effectué plusieurs remplacements en Superbike et Supersport, ainsi que de son titre en British Superbike, il n’a en fait rien d’un débutant et souhaite faire ressortir de la GSX-R1000 ce qu’elle a de meilleur. Attention cependant à la fougueuse nippone, qui a pour habitude de cumuler les soucis électroniques. Le problème sera-t-il résolu en Australie ?

Auteur d’une brillante et surprenante fin de saison 2013, Toni Elias et sa RSV4 estampillée Red Devils devraient également faire parler d’eux. Si toutes les reconversions ne sont pas heureuses, la sienne s’est avérée une excellente idée. L’Espagnol avait tant déçu en Championnat du Monde MotoGP qu’on ne l’attendait plus aux avants-postes d’une quelconque catégorie. Et pourtant : lors des 8 courses (sur les quatre dernières épreuves de la saison) disputées en Superbike en 2013, Toni Elias a terminé 3 fois dans les 5 premiers. À l’entame de sa première saison complète dans la catégorie, il faudra sans doute compter sur lui pour faire mieux encore.

Moins dangereuses mais toutes aussi attendues, les Ducati et leurs deux nouveau pilotes Chaz Davies et Davide Giugliano tenteront également de truster régulièrement le Top 5. Si la nouvelle Panigale 1199R a eu du mal à tirer son épingle du jeu en 2013, gageons que la prise en main de l’équipe par l’usine elle-même devrait rétablir l’ordre des choses. Plus de sérieux, plus de moyens et encore plus de staff, selon notre envoyé spécial à Philip Island, semblent être les premières clés du renouveau pour la firme de Bologne.

Enfin, la catégorie comptera un nouveau challenger parmi les constructeurs : EBR (Erik Buell Racing) aligne sur la grille deux machines entièrement nouvelles, confiées à Aaron Yates et Geoff May, deux pilotes Américains issu du Championnat Superbike de leur grande nation, l’AMA.

David Salom sur son EVO lors des essais Kawasaki à Almeria. (Photo : ©Cacciatori Emanuele)

David Salom sur son EVO lors des essais Kawasaki à Almeria. (Photo : ©Cacciatori Emanuele)

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La naissance d’une catégorie : l’EVO.

C’est LA grande nouveauté Superbike 2014, et vous n’êtes sûrement pas passés à côté. En catégorie Superbike cette saison, de drôles de machines nommées « EVO » se mêleront aux autres pour disputer une Championnat parallèle, à l’image de ce qu’était la classe « CRT » en MotoGP. Que sont exactement les EVO ? Des châssis, cadres et suspensions de Superbike, à l’intérieur desquels ronronnent des moteurs et un système électronique de Superstock1000. Superstock dopées selon certains, Superbike bridées pour d’autres, ce qu’il faut en retenir c’est que lors de leur première sortie officielle à Jerez, elles roulaient à un peu plus d’1 seconde de leur consoeurs les Superbikes – le meilleur chrono ayant été attribué à Jeremy Guarnoni, cocorico.

Mais les tests ont été effectués en l’absence du grand favori de cette nouvelle catégorie, un autre Français : Sylvain Barrier. Parmi les 15 pilotes engagés en EVO, le Champion Superstock1000 en titre et sa BMW S1000RR disposent de la meilleure motorisation, et constituent la meilleure paire imaginable. Physiquement comme mentalement, Sylvain Barrier a su prouver sa détermination et sa constance la saison passée, ainsi que la maîtrise absolue de sa machine, des atouts qui en font le prétendant incontestable au titre.

Deux autres tricolores s’illustreront également dans la catégorie, tous deux sur des Kawasaki : Jeremy Guarnoni et Fabien Foret.
Unique pilote du Team MRS cette saison, Jeremy Guarnoni était le seul à titiller le dosseret de selle de son compatriote en Superstock1000 l’an passé. En EVO, l’objectif est le même : grâce à son coaching inimitable et au talent de ses mécaniciens qui transforment les moteurs en or, Adrien Morillas a pour ambition de propulser son poulain aux avants-postes de la catégorie dès les premières épreuves. Pour Guarnoni, il faudra faire preuve d’une plus grande constance et surtout, d’une réelle agressivité, deux choses qui lui ont manqué en 2013 pour effectuer des podiums réguliers.
Pour Fabien Foret, la problématique est toute autre : après une saison 2013 décevante, il lui faut reprendre le dessus et envisager cette nouvelle catégorie comme une opportunité de briller à nouveau au sein de son Team MAHI RACING.

Mais l’EVO a ouvert les bras à toute une panoplie de pilotes ultra talentueux dont nos tricolores devront se méfier : David Salom, sur sa Kawasaki officielle, ou encore Luca Scassa et Alessandro Andreozzi, les hommes du Team Pedercini, sont tous déterminés à faire bonne figure.

La plus grande surprise de la catégorie reste cependant le retour du constructeur-préparateur Bimota à la compétition : avec deux BB3 EVO, pilotées par Ayrton Badovini et Christian Iddon, et encadrée par la mythique structure Alstare de Francis Batta, Bimota a la capacité certaine de chambouler les pré-requis. Difficile de parier sur une machine que l’on n’a pas encore vu rouler, mais nul doute qu’elle devrait être à l’origine de nombreux rebondissements au Championnat.

La saison reprend !

Dès mardi, quelques réponses à nos interrogations devraient être possibles, puisque deux jours de tests officiels auront eu lieu à Philip Island – dont nous ne manquerons pas de vous communiquer les résultats. Quant à la première épreuve, elle aura lieux sur ce même circuit mythique le week-end prochain.

Enfin, la saison recommence. En attendant et en guise de rappel, voici les chronos NON OFFICIELS réalisés à Jerez la semaine dernière… Rendez-vous mardi pour la suite !

1. Tom Sykes (Kawasaki Racing Team) 1’42.1
2. Loris Baz (Kawasaki Racing Team) 1’42.3
3. Marco Melandri (Aprilia Racing Team) 1’42.4
4. Jonathan Rea (Pata Honda World Superbike) 1’42.4
5. Sylvain Guintoli (Aprilia Racing Team) 1’42.5
6. Jeremy Guarnoni (MRS Kawasaki – EVO) 1’43.5
7. Leon Haslam (Pata Honda World Superbike) 1’43.7
8. David Salom (Kawasaki Racing Team – EVO) 1’44.1
9. Alessandro Andreozzi (Team Kawasaki Pedercini – EVO) 1’44.5

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