Sylvain Barrier : « Je mets tout de mon côté pour que ça se passe au mieux »

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Publié le 20/12/2015 avec Aucun Commentaire

Depuis son deuxième titre Superstock 1000 en 2013, Sylvain Barrier a vécu deux saisons compliquées. Victime d’une violente chute dès son entrée en WorldSBK en 2014 puis d’un accident de la route en cours de saison, le pilote français avait été écarté des circuits pour plusieurs épreuves.

En 2015, Barrier avait d’abord entamé la saison WorldSBK au guidon d’une BMW avant de retourner en catégorie Superstock 1000 sur la nouvelle Yamaha YZF-R1. Lourdement tombé dès ses premiers tours de roue en Aragón, Barrier avait dû prendre le temps de se remettre d’une blessure à l’épaule.

Pour 2016, le pilote d’Oyonnax sera de retour dans la catégorie WorldSBK au guidon d’une Kawasaki Ninja ZX-10R de l’équipe Pedercini. Il bénéficiera d’un soutien officiel de Showa.

Sylvain Barrier retournera en WorldSBK en 2016 au guidon de la Kawasaki ZX-10R.

Sylvain Barrier retournera en WorldSBK en 2016 au guidon de la Kawasaki ZX-10R.

  • Sylvain, de retour en WorldSBK après deux saisons délicates, quelles sont tes impressions ?

Ça s’est fait il n’y a pas longtemps. Mon manager et moi avons travaillé sur ce projet et nous n’avions pas beaucoup de pistes, seulement deux ou trois. Je connais Lucio Pedercini depuis plus de huit ans maintenant. Nous entretenions de bonnes relations même si nous avons été rivaux durant des années, notamment en 2012 lorsqu’il y avait Staring dans son équipe.

La moto et le team sont compétitifs. Avec Kawasaki derrière, si les résultats sont bons, ils fourniront du support, sinon nous garderons notre matériel de base. C’est un point important. Durant les épreuves, je disposerai aussi d’un créneau de deux heures par jour avec le chef mécanicien de Tom Sykes ou de Jonathan Rea selon que mon style de pilotage se rapproche plus de celui de Tom ou de Jonathan. C’est un autre point positif et maintenant il faut que je montre de nouveau ce que je suis capable de faire, comme en 2012, 2013 et même 2014 après l’accident.

  • Physiquement, comment vas-tu aujourd’hui ?

En ce moment je travaille surtout sur l’épaule parce que c’est l’articulation la plus complexe du corps. Je travaille à Lyon avec un kiné qui fait partie de l’Équipe de France de gymnastique et qui connaît parfaitement le sujet. La semaine prochaine, nous allons réaliser des essais en Espagne. J’ai déjà fait des essais pour Michelin MotoGP à Sepang. Je roule avec eux tous les deux ou trois mois, donc je n’ai pas vraiment perdu le rythme depuis l’opération. Concernant les douleurs, ça va nettement mieux. Il n’y a pas de perte de puissance et mes chronos sont plus constants. Il m’arrive encore d’avoir mal lorsque je roule vraiment beaucoup. Ma famille, toute mon équipe et moi avons énormément travaillé.

  • As-tu déjà roulé au guidon de la nouvelle Kawasaki ?

Je n’ai jamais roulé sur la Kawasaki. J’ai un très bon souvenir de la Kawasaki que ce soit en Superstock 1000 avec Jérémy Guarnoni ou en EVO avec David Salom, en particulier au sujet de l’électronique qui était bien meilleure que celle dont je disposais. J’avais l’impression que cette moto s’adaptait très facilement d’un circuit à l’autre, c’était une moto homogène. Ce n’est pas la meilleure à chaque fois, mais elle est toujours là. Il faudra travailler pour qu’elle soit la meilleure.

  • Dans quel état d’esprit te rendras-tu à Phillip Island, en particulier après ta lourde chute durant le test qui a précédé l’épreuve d’ouverture de la saison 2014 ?

Honnêtement, je ne me rendrai pas à Phillip Island avec le même état d’esprit que j’ai pu avoir ces dernières années. Pour ma première fois en 2014, James Toseland et moi avions analysé finement le tracé pour être les mieux préparés. Dès la première séance de test, mon chef mécanicien m’avait dit de faire attention en particulier avec le moteur neuf. Entre temps, Leon Haslam m’avait donné sa roue pour me montrer les trajectoires. La deuxième journée, je me sentais à l’aise, j’avais de très bonnes sensations. Après un drapeau rouge, mon ingénieur m’a conseillé de faire un dernier run sur pneus neufs. Je sentais déjà une perte de grip sur le côté gauche. J’ai continué jusqu’au dernier virage où l’arrière a décroché. Je suis monté très haut pour retomber violemment. Je me suis fracturé le bassin en trois.

La saison dernière, au guidon de la BMW, nous étions remontés à bloc et nous pensions être dans le coup aussitôt. J’étais très motivé. Malheureusement, alors que nous avions réalisé 300 tours durant l’hiver, les autres équipes, comme Kawasaki, en avaient déjà plus de 1000 au compteur. J’ai donc tenté de combler l’écart avec plusieurs chutes à la clé. J’ai dû réduire le rythme pour éviter le pire.

Après ces deux épisodes, j’ai toujours eu une appréhension de rouler à Phillip Island. L’idée de rouler là-bas me rendait malade jusqu’au moment où Michelin m’a contacté pour y réaliser un test de longévité sur les Michelin MotoGP afin de développer au mieux les pneus pour ce tracé et ce revêtement particulier. Depuis cette expérience, j’ai un regard différent sur ce tracé. Cette fois-ci, j’irai là-bas en compagnie de mon manager et de ma compagne. Mon père ne viendra pas, car il ne veut pas revivre ce que nous avons vécu en 2014. Je mets tout de mon côté pour que ça se passe au mieux. Et je suis confiant, surtout si je dispose du même package que Salom la saison dernière.

  • Comment te projettes-tu par rapport à tes adversaires pour la saison 2016 ?

Nous allons commencer la saison avec des moteurs qui ne seront pas exactement les mêmes que ceux du KRT. Il devrait y avoir entre 5 et 7 chevaux d’écart entre les moteurs de Rea, Sykes et les miens. Au sujet de l’électronique, nous disposerons du même matériel, mais les modes et les cartographiques que nous allons avoir auront toujours un ou deux crans de retard sur les Kawasaki officielles. Tout dépendra des résultats : si on joue dans les six premiers, on pourra espérer des mises à jour. Concernant le châssis, les châssis seront les mêmes, selon Fabio Raulo de Kawasaki Motor Europe. Nous savons pas encore les bras oscillants dont nous disposerons, mais même s’ils ne seront pas en provenance de l’usine, nous aurons un châssis et un bras oscillant replica usine. Les freins seront les mêmes. Pour les suspensions, nous travaillerons avec Showa puisque nous avons un accord avec eux. Nous aurons toujours un technicien Showa à nos côtés.

  • Concernant l’aspect financier, comment ça se passe pour 2016 ?

Il y a une partie de la saison durant laquelle ce sera moi qui payera. À l’heure actuelle il est très dur de trouver du financement, que ce soit en France ou en Suisse, mais on est en train de préparer différents packages pour d’éventuels sponsors.

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