[Pilotes Français : Objectif 2014] Thibaut Gourin : « En tant que Français, on se prend tous une claque en arrivant en CEV. »

Rédigé par . Posté dans CEV, Dossiers, Pilotes Français : Objectif 2014.

Publié le 21/01/2014 avec Aucun Commentaire

Deuxième épisode du dossier « Pilotes Français : Objectif 2014« , consacré cette fois à Thibaut Gourin, un autre acteur du FSBK la saison passée puisqu’il a été le seul pilote à s’imiscer dans la lutte acharnée que se sont livrée Morgan Berchet et Hugo Clere en Trophée Pirelli 600.

Il termine brillant 3ème au classement général, et s’offre même la prestigieuse place de premier Français lors de sa WildCard en Championnat d’Europe Superstock600 à Magny-Cours. Bilan de 2013 et petite projection sur 2014, où le jeune pilote de 17 ans va vivre sa première expérience internationale en CEV.

Thibaut Gourin en roulage d'entraînement sur sa 600 le week-end dernier sur le circuit de Rivesaltes. (Photo : J-M Gourin.)

Thibaut Gourin en roulage d’entraînement sur sa 600 le week-end dernier sur le circuit de Rivesaltes. (Photo : J-M Gourin.)

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Thibaut Gourin
 en quelques dates :

Naissance le 11/04/1996
2008 -
intégration de la Mini-Bike Academy, meilleur Rookie, 4ème au classement général.
2009 - intégration de la Race Cup Academy, 3 podiums, 1ère victoire à Ledenon.
2010 - Champion Promosport 125cc à 14 ans.
2011 – intègre le FSBK en catégorie 125cc, saison difficile mais lourde en enseignements.
2012 – passage en 600cc et intégration du Trophée Pirelli 600, 9ème au classement général.
2013 – deuxième année en Trophée Pirelli 600, celle de la concrétisation, 3ème au classement général derrière Morgan Berchet et Hugo Clere.

Cette année en Pirelli 600, Thibaut Gourin portait les couleurs du GMT94. (Photo : DR.)

Cette année en Pirelli 600, Thibaut Gourin portait les couleurs du GMT94. (Photo : DR.)

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Entrevue : Propos recueillis par Line.

  • En 2013, tu t’es classé 3ème du Trophée 600 Pirelli en FSBK derrière Morgan Berchet et Hugo Clere. Quel bilan fais-tu de ta saison ?

Dans l’ensemble, je suis satisfait de cette saison, mais ça a quand même été très compliqué. Nous avons rencontré des problèmes humains, financiers et techniques. J’ai commencé la saison en me cassant la hanche en entraînement, deux semaines seulement avant la première manche au Mans, qui s’est du coup conclue sur des résultats en demi-teinte. Heureusement, j’ai rapidement remonté la pente pour concrétiser le travail fourni par un doublé au Vigeant. À partir de là, je me suis battu tous les week-end pour la victoire, qui se jouait a chaque fois de peu.
Je retiens essentiellement de cette saison que même en l’ayant terminée avec « des bouts de ficelle », on a pu obtenir un résultat final plus qu’honorable. Morgan et Hugo sont deux pilotes bien plus âgés et expérimentés que moi, alors effectivement ils ont fini devant moi au Championnat, mais une carrière ne se fait pas sur une saison. Elle se construit aussi grâce aux risques que représentent les choix que l’on fait.
J’ai fait de super rencontres cette année, je pense notamment à Christophe (Guyot, NdR) et Gilbert (Up-Racing, NdR) qui on su m’accueillir sans contrepartie, et j’ai découvert avec eux plus une famille qu’une équipe. À seulement 17 ans, j’ai su me montrer compétitif à chaque rendez-vous de la saison et je pense que c’est le principal.

  • Ta dernière grosse actualité date d’Octobre 2013 à Magny-Cours, où tu termines huitième – et premier Français – de la course du Championnat d’Europe Superstock600. Quel souvenir gardes-tu de cette course ?

Ce fut un week-end fort en émotion ! En arrivant à Magny-Cours le jeudi, je ne m’étais pas fixé d’objectif de résultat particulier, je m’étais simplement dit que je devais faire du mieux que je pouvais, penser au moment présent, et que ça donnerait ce que ça donnerait.
Le week-end a mal débuté, avec une moto impossible à piloter, heureusement nous avons pu l’améliorer rapidement, mais nous avons du coup commencé avec une séance de retard sur tout le monde. Lors d’une qualification généreuse en drapeau rouge, une panne d’essence m’a ensuite fait louper les dix dernières minutes de la séance, les plus importantes, alors que j’étais 9ème… Je suis passé 15ème.
Alors oui, je garde un excellent souvenir de cette manche. En partant 15ème sur la grille, je me suis dit « double le plus de pilotes possible », et dès le deuxième tour je suis passé 7ème. J’ai conservé cette place jusqu’au dernier tour, où on me l’a prise… Et j’ai terminé 8ème.
Je finis premier Français, mais je suis totalement conscient de l’abandon malheureux de Mathieu Marchal, qui aurait été un adversaire de taille pour cette place. J’aurais bien aimé me battre contre lui sur cette manche, et le statut de « premier Français » aurait était bien plus pimenté que ça !

  • Quels sont tes projets pour la saison prochaine, qui n’est plus très loin ?

C’est le sourire aux lèvres que je peux annoncer officiellement que je me suis inscrit au Championnat d’Europe de Vitesse (CEV, NdR) en catégorie Stock600, au guidon d’une Yamaha !
Tout l’hiver, nous avons mené mon père et moi un travail acharné afin de trouver un budget, mais en temps de crise, nous n’avons pu récolter que la moitié de la somme nécessaire à l’intégration d’un team. Toutes les équipes avec qui nous étions en contact demandaient deux fois la somme dont nous disposons.
Nous avons donc décidé de prendre contact avec d’autres pilotes Français qui souhaitaient s’engager en CEV, afin de diviser les coûts de déplacement et de fonctionnement, dans le but de mutualiser le plus de dépenses possibles. Nous sommes d’ailleurs toujours à la recherche d’un pilote sérieux qui puisse nous affirmer sont départ en CEV avec nous – mon père, mon mécano et moi. En attendant, nous continuons la recherche de partenaires.
Je ne suis pas à plaindre car les pilotes qui quittent la France pour aller vers l’international se font de plus en plus rares. J’espère pouvoir finir la saison en CEV, c’est avec joie et soulagement que je vais la commencer !

  • Y a-t-il dans ton choix un objectif à long terme, pour 2015 par exemple ?

Avant de penser a 2015, même si ce n’est pas si loin, nous nous concentrons a 100% sur 2014. C’est très difficile de parler de long terme dans ce sport, avec toutes les difficultés budgétaires que nous rencontrons… Une chose est sûre, c’est qu’il y aura plus d’opportunité pour moi en CEV qu’en étant resté en Championnat de France.

  • Que penses-tu du niveau des Français en CEV ?

Je ne dénigre en aucun cas le niveau des Français, mais à l’heure actuelle, il n’est pas fameux en CEV, à part si l’on s’appelle Fabio Quartararo, qui est pour moi la future star tricolore des Grands Prix.
Il y a une trop grande différence entre le niveau Français et le niveau Espagnol, on se prend donc tous une grande claque en arrivant en CEV. C’est le bilan que je fais aujourd’hui, mais ce n’est pas peine perdue !
Étant le seul Français de 17 ans à partir rouler dans ce Championnat, j’attends une aide de la FFM, qui a les cartes en mains pour aider les pilotes qui montent à l’international et leur permettre de concrétiser avec de bons résultats. Il n’est pas impossible d’être devant en CEV… Fabio l’a fait, pourquoi pas un autre ?

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Merci à Thibaut pour sa gentillesse et sa disponibilité. Retrouvez-le et soutenez-le sur sa page Facebook !

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