[Pilotes Français : Objectif 2014] Hugo Clere : « Aujourd’hui, l’endurance est sûrement le seul moyen de vivre de la moto en France. »

Rédigé par . Posté dans Dossiers, Pilotes Français : Objectif 2014.

Publié le 05/02/2014 avec Aucun Commentaire

Son nom ne vous est probablement pas inconnu : Hugo Clere, nouvel invité du Dossier Pilote Français : Objectif 2014, a notamment participé aux 24H du Mans l’année dernière.

Vice Champion du Trophée Pirelli 600 la saison passée, ayant manqué le titre à une victoire de Morgan Berchet, le jeune homme de 19 ans change de catégorie la saison prochaine, et a confié ses projets à OffBikes.

Les couleurs d'Hugo Clere en Trophée Pirelli 600 la saison dernière. (Photo : DR)

Les couleurs d’Hugo Clere en Trophée Pirelli 600 la saison dernière. (Photo : DR)

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Hugo Clere
en quelques dates :

Naissance le 11/06/1994
2009 -
débute la compétition moto en Trophée Malossi 80cc, termine 2ème au classement général
2010 - passage en catégorie 125cc en Promosport aux côtés de Thibaut Gourin, Guillaume Raymond ou encore Anthony Aliern ; termine 4ème au classement général, 4 podiums dans la saison
2011 - passage en catégorie 600cc en Promosport, ne termine pas la saison suite à une grosse chute au Mans où il se blesse gravement
2012 - intègre le team SLMoteur de Jean-Dominique Brechon pour courir en Trophée Pirelli 600 en FSBK, il termine 4ème Junior et 6ème du classement général
2013 - deuxième année en Trophée Pirelli 600 où il manque le titre à seulement 1 victoire – il termine avec le même nombres de points que le Champion, Morgan Berchet. Parrallèlement, Hugo termine 2ème de la Coupe Yamaha YZF 125 R, et s’essaye en Endurance aux 24H du Mans et Orcherschleben.

Hugo a goûté aux joies de l'endurance, mais en garde un souvenir un peu amer. (Photo : DR)

Hugo a goûté aux joies de l’endurance, mais en garde un souvenir un peu amer. (Photo : DR)

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Entrevue : Propos recueillis par Line.

  • La saison dernière, tu étais à une victoire du titre de Champion du Trophée Pirelli 600 en FSBK. Que retiens-tu de cette saison en France, positif et négatif ?

J’ai acquis énormément d’expérience cette saison. J’ai appris en termes de gestion d’un Championnat, et j’ai aussi gagné en agressivité. Après, pour ce qui est du négatif, je suis évidemment frustré d’avoir loupé le titre de si peu. Je pense aussi ne pas avoir été assez compétitif sur certaines courses, comme à Dijon. Avec le recul, j’ai l’impression d’avoir trop géré et de ne pas avoir assez tenté, parce que je cherchais à jouer le titre et je voulais absolument éviter de prendre trop de risques. Je regrette un peu.
Mais ma rivalité vraiment importante avec Morgan (Berchet, NdR) m’a vraiment poussé à être plus agressif qu’avant. J’ai toujours été doux et coulé dans mon style et dans mes dépassements, et si je le reste un peu, c’est vraiment beaucoup moins car cette année, il m’a poussé à sortir les crocs plus d’une fois.

  • Tu as également tenté l’aventure de l’endurance… Comment cela s’est-il passé ? Qu’est ce que cela t’a apporté ?

En fait, j’ai eu l’opportunité de remplacer Romain Lanusse au Bol d’Or en tant que quatrième pilote, car il s’était blessé. Et dans la mesure où ça ne s’était pas trop mal passé, et où je connaissais bien l’équipe, ils m’ont rappelé pour Orschersleben et pour les 24H du Mans. Après, dans l’ensemble, on ne peut pas vraiment dire que ça s’est bien passé. En Allemagne, on termine dernier car un de mes coéquipiers chute dans le premier tour, et au Mans, j’ai tapé la tête et les jambes… On a du abandonner au bout de 3H de course. Je me suis également cassé le pouce, et je pense que ça fait partie des choses qui m’ont handicapé en fin de saison et ont contribué à ce que je loupe le titre. Donc pour moi, je ne retiens pas grand chose de positif. Mais ça m’a permis de découvrir la discipline et d’apprendre, par exemple, à gérer un relais. Pour le moment rien qui ne m’ait été utile, finalement. Il est possible que je retente l’expérience, mais ça ne fait vraiment pas partie de mes priorités, d’autant que si je roule en endurance la saison prochaine, il faudra que ce soit sur une Yamaha, et il n’y a pas énormément de place dans les teams performants…

  • Quels sont exactement tes projets pour 2014 ?

Et bien je voulais, comme beaucoup, partir en Europe, mais finalement je roulerai en Championnat de France FSBK en Supersport, dans la nouvelle catégorie Stock600. Le budget était trop serré pour faire autre chose, je n’ai pas 50 ou 60 000 euros. Qui plus est, Yamaha et la coupe Yamaha 125 ont décidé de m’aider, mais plutôt pour un Championnat Français, donc ça réduisait le choix aussi. Je quitte le team SLMoteur de Jean-Do Bréchon, et intègre le team Moto Ain, aux côtés de Louis Bulle qui sera mon coéquipier et roulera en Supersport EVO sur une Yamaha. L’équipe sera gérée par Pierre Chapuis, et aussi par Jean-Do Bréchon en parallèle ! Ça va faire un beau team aux couleurs Yamaha !

  • As-tu clôturé ton budget grâce à l’aide de la Coupe 125 Yamaha et de la FFM ?

C’est ça. En réalité ma saison en Trophée Pirelli ne m’a rien apporté. C’est bien la coupe Yamaha qui m’a servi le plus ! Ils m’aident financièrement, m’ont prêté une moto, m’ont donné un budget pièce, un budget Yamalube… C’est vraiment top. La FFM s’est inclus dans cette aide là… Rien de mirobolant.

  • D’après toi, qui seront tes principaux rivaux dans ta catégorie ?

Pour être honnête avec toi, je n’en connais aucun (rires) ! Je ne sais même pas qui est inscrit dans cette catégorie, j’ai essayé de me renseigner mais sans succès. Ça va être la surprise totale, mais dans tous les cas, ils seront tous mes rivaux car je roulerai pour être devant !

  • Comment vois-tu ton avenir à plus long terme ?

C’est simple, si on me donne l’opportunité de partir en Europe, j’y vais les yeux fermés (rires) ! Il est prévu que je fasse quelques courses en Coupe d’Europe Superstock600 (Coupe d’appui du Championnat du Monde Superbike, NdR) la saison prochaine, d’ailleurs. Mais je ne sais pas encore lequelles… À plus long terme, c’est compliqué… Le projet d’une saison complète en Europe sera toujours compliqué à mes yeux, car je ne pense pas que quelqu’un m’apportera un jour 100 000 euros ou qu’ils tomberont du ciel. Mais en France, pourquoi pas intégrer une structure comme la Dark Dog… Une équipe officielle, où je pourrais rouler sans apporter d’argent. Et pourquoi pas, en endurance, rejoindre une structure qui me permette de rouler devant ou de gagner ma vie, car c’est sûrement la seule façon de vivre de la moto aujourd’hui !

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Merci à Hugo pour sa gentillesse, sa disponibilité, et pour avoir répondu à nos questions. Retrouvez-le sur sa page Facebook !

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