Emilio Alzamora : « En MotoGP, Marc, il n’a pas besoin d’aide. »

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Publié le 24/06/2013 avec Aucun Commentaire

Ancien pilote 125cc et 250cc entre 1994 et 2003, Champion du Monde 125cc en 1999 devant Marco Melandri sans obtenir une seule victoire, Emilio Alzamora est aujourd’hui le manager de nombreux pilotes talentueux dont le prodige Marc Marquez. Découvreur de talents – mais toujours éloigné des projecteurs, nous lui avons posé quelques questions lors de l’événement Alpinestars à Bordeaux le 8 juin dernier.

  • Quel est ton rôle exact dans la carrière de Marc ? Que fais-tu pour lui et que fait-il pour toi ?

Je travaille avec Marc depuis ses 12 ans, lorsqu’il roulait en championnat espagnol. Je suis son manager, mais je continue de travailler avec lui sur quelques bases. Plus précisément, dans chaque catégorie dans laquelle un pilote participe, et pas seulement au niveau du staff technique, il lui faut avoir des personnes capables de se rendre sur chaque virage pour observer son style et lui expliquer certains aspects afin de l’aider à s’améliorer. C’est mon travail. Mais en réalité, en MotoGP, Moto2 ou 125cc, Marc, il n’a pas besoin d’aide (rires). Cependant, pour faire la différence, un pilote a besoin d’un bon groupe constitué des bonnes personnes : techniciens, un entourage de confiance, la famille et le manager. Je pense que Marc arrive avec un très bon bagage derrière lui, mais il est indispensable pour lui d’avoir également toutes ces bonnes choses. C’est aussi mon travail.

  • Nous savons que tu t’impliques énormément dans les championnats CEV, de quels pilotes t’occupes-tu, en dehors de Maria Herrera ?

Il y a quelques années, j’ai créé une entreprise à Barcelone. Son nom est Monlau Competicion. Cette entreprise a pour but de former à la fois des pilotes, mais aussi des ingénieurs et des techniciens pour la compétition. Nous impliquons ce projet dans plusieurs championnats espagnols, comme le CEV avec 3 pilotes : Maria Herrera, Marcos Ramirez et un pilote italien, Alessio Catelli. Ce projet a été initié il y a environ quinze ans. Depuis toutes ces années, nous nous sommes structurés autour des championnats espagnols. Nous avons commencé à travailler avec Marc dans cette structure. C’est aussi mon travail, en plus d’être manager de Marc. Je suis un homme occupé (rires) !

  • Contribues-tu aussi activement à la carrière d’Alex – le frère de Marc ?

Bien sûr, et ce grâce au projet de Monlau Competicion. Alex Marquez est aussi un pilote de cette structure, tout comme Alex Rins. Ces deux pilotes ont un énorme potentiel. Ils ont d’ailleurs gagné le championnat espagnol en 2011 et 2012. Le but de cette saison pour Alex Rins est de se battre pour le Top 3 au classement final. Nous pensons d’ailleurs que cela est réalisable puisqu’en 5 courses il fait 4 podiums (5 podiums en 6 courses après le GP de Catalogne, NdR). Pour Alex, le but est de terminer dans le Top 5 et comme son frère, il fait déjà du très bon travail.

Objectif pour Alex Rins : être dans le Top 3. Actuellement 3ème du championnat avec 5 podiums sur 6 courses, difficile de faire mieux.

Objectif pour Alex Rins : être dans le Top 3. Actuellement 3ème du championnat avec 5 podiums sur 6 courses, difficile de faire mieux.

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  • Actuellement, la catégorie MotoGP rencontre quelques soucis – trop peu de motos, le débat sur les sanctions, sur un règlement très strict, etc. Comment vois-tu l’avenir de la MotoGP ?

Aujourd’hui, la catégorie MotoGP est accompagnée de beaucoup de règles en rapport avec la technologie élevée actuelle. Le style de pilotage est très différent de l’époque des 2-temps et, dans une mesure différente, beaucoup plus risqué. Mais en réalité, il est très difficile, il n’y a que les top pilotes dans cette catégorie qui sont toujours à la recherche de la limite de leur moto. Bien sûr, il y a l’électronique et le pilote peut travailler sur énormément de détails techniques, mais dans tous les cas, cela nécessite d’avoir une bonne équipe technique afin de trouver cette limite. La moto est très compliquée et le ressenti de la moto par le pilote est très important afin d’expliquer correctement certains points aux mécaniciens et pour comprendre ce qui est nécessaire pour aller vite. L’électronique et la télémétrie permettent d’aider le pilote dans chaque virage, en donnant la possibilité de trouver la configuration idéale. Ce n’est pas une tâche évidente pour le pilote…

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Force est de constater que la structure Monlau Competicion, bien ancrée dans la culture de la vitesse espagnole, est loin d’avoir terminer dans l’art de dénicher les pilotes les plus prometteurs. Autant de moyens, une structure complète et pluridisciplinaire (auto et moto), n’est-ce pas là le type de structure qu’il manque cruellement à la France ?

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